Récolte sucrière

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l'express
8/6/07

PRODUCTION

Récolte 2007 : manque à gagner de Rs 700 millions prévu

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour l’industrie sucrière. Après la baisse de prix du sucre acheté par l’Union européenne (UE), l’estimation de la production sucrière pour l’année 2007 n’est guère réjouissante. Elle est chiffrée à 465 000 tonnes, en comparaison avec la moyenne de 531 006 tonnes des cinq précédentes récoltes.

Cette estimation, largement inférieure à la production de 504 857 tonnes de sucre en 2006, a été faite hier, à l’issue de la première réunion du Crop Estimate Coordinating Committee (CECC) 2007, sous la présidence de la Chambre d’agriculture. Ce comité devrait se réunir de nouveau en août, pour revoir cette première estimation de la récolte 2007.

Les chiffres ont été compilés à partir des observations, faites au 31 mai, par le Mauritius Sugar Industry Research Institute, les établissements sucriers, la Farmers Service Corporation, le Sugar Insurance Fund Board, la Mauritius Sugar Authority et le ministère de l’Agro-industrie.

L’accumulation de mauvaises récoltes ces dernières années ne nous permettra pas d’amortir la baisse de revenus que la baisse de prix provoquera. Si cette estimation se confirme, ce sera une baisse de production par 40 000 tonnes par rapport à 2006, soit une perte de Rs 700 millions”, dit Jocelyn Kwok, secrétaire général de la Chambre d’agriculture.

“La première baisse de prix, qui était de 5 %, est survenue en 2006, ajoute Jocelyn Kwok. Le prix est techniquement maintenu à 496 euros la tonne pour 2007. Il est appelé à descendre jusqu’à 448 euros la tonne à partir d’octobre 2008.”

L’estimation de la production sucrière 2007 découle d’une évaluation à quelque 4,35 millions de tonnes de cannes à usiner. Les analyses effectuées sur des cannes provenant des différentes régions de l’île laissent penser que le taux moyen d’extraction serait de 10,6 %, légèrement supérieur à celui de 2006.

Mais Jocelyn Kwok est d’avis que le taux d’extraction peut s’améliorer dans la mesure où les conditions climatiques attendues favorisent une augmentation du taux de sucre dans la canne. “Le résultat final de la récolte sera tributaire des conditions climatiques qui vont prévaloir jusqu’à la fin de la récolte. Un hiver pluvieux ne permettrait pas l’éventualité d’un rendement amélioré”, souligne Jocelyn Kwok.


Conditions climatiques

Si la région Nord bénéficie de conditions climatiques qui lui permettent de rattraper une certaine croissance et d’améliorer le rendement de la canne, la production sucrière totale pourra augmenter. Le rendement de canne à l’hectare serait l’indicateur le plus décevant cette année, avec un niveau moyen de 67 tonnes, très inférieur aux 71 tonnes de l’année dernière. La moyenne des cinq dernières années est de 72 tonnes à l’hectare.

Le CECC craint que la récolte 2007 soit durement affectée par le passage du cyclone Gamede au début de l’année et, surtout, par les conditions climatiques qui ont prévalu par la suite. Les pluies persistantes pendant deux à trois semaines, de fin février à la mi-mars (dépendant des régions), n’ont pas permis à la canne de se remettre et de retrouver son rythme normal de croissance.

De plus, une pluviosité déficiente à partir de la mi-mars, pendant dix semaines, a grandement affecté la pousse de la canne, plus particulièrement dans les régions de basse altitude et dans le Nord de l’île. Ainsi, cette partie du pays, qui avait contribué à hauteur de quelque 24 % de la production sucrière nationale l’année dernière, accuse cette fois un retard considérable au niveau de la croissance de la canne.

La campagne sucrière 2007 démarre dans une semaine à Union-St.-Aubin. Les autres usines du Sud, du Centre et de l’Est devraient aussi commencer à rouler avant la fin du mois. Belle-Vue et Médine suivront durant la troisième semaine de juillet. Il est prévu que la campagne qui démarre se termine vers la fin de novembre.



Alain BARBÉ