Discours de T. Merven, 26/6/09

> Discours de T. Merven, 26/6/09


Chambre d’Agriculture de l’Ile Maurice

 

156e Assemblée Générale Annuelle

 

Discours du Président

Monsieur Thierry Merven

 

 

 

Monsieur le Ministre de l’Agro Industrie, de la Production et de la Sécurité Alimentaire

Monsieur l'Acting Permanent Secretary du ministère de l’Agro Industrie

Mesdames et Messieurs les représentants des institutions du secteur public et du secteur privé

Distingués invités

Mesdames et Messieurs les membres de la Presse

Chers Membres de la Chambre

Chers Collègues

 

Je souhaiterais ce matin vous entretenir des principales activités de la Chambre d’Agriculture durant l’année écoulée et surtout vous faire part des nouveaux défis qui nous attendent et des nouvelles orientations qui ont été prises dans notre secteur.  En effet, les défis sont nombreux dans un monde et une économie globalisée en permanente gestation, où les acquis d’hier sont fréquemment remis en cause, et le secteur agricole ne fait pas exception à la règle.  J’en veux pour preuve cette année 2009 qui sera marquée comme vous le savez par la fin du Protocole Sucre au mois de septembre, un acquis qui aura duré pas moins de 34 ans…Il s’agit pour notre pays comme pour l’ensemble des pays ACP signataires du protocole, d’un tournant historique remettant en cause pour certains d’entre eux, jusqu’aux fondements même de leurs économies, faute de n’avoir pas suffisamment diversifié leurs activités et anticipé un tel bouleversement.

34 longues années durant lesquelles Maurice, pour assurer sa survie et son développement économique, s’est toujours résolument tournée vers l’extérieur et l’exportation de sa production pour construire puis consolider des pans entiers de son économie, dans le textile et l’habillement comme dans les services, l’hôtellerie et le tourisme en général.  Il est bon de rappeler, avec la fin du Protocole Sucre, que cette diversification de nos activités économiques aurait été aléatoire, voire quasi-impossible sans la garantie apportée par la stabilité de nos recettes sucrières.  Et cette stabilité on la doit au Protocole.  Peu de pays ont su en effet tirer parti du Protocole Sucre comme l’a fait l’île Maurice.  Mais c’est aussi cette tradition d’ouverture vers le monde et cette pépinière d’entrepreneurs audacieux que nous cultivons (c’est le cas de le dire) qui nous a mené aujourd’hui vers le statut très envié d’une nation compétitive et ambitieuse ayant réussi son parcours économique et social en surmontant le handicap de son insularité, d’une nation résolument tournée vers l’avenir.  A titre d’exemple, vous avez tous été témoins comme moi la semaine dernière du dévoilement des deux projets de raffineries pour la production de sucre blanc aux normes européennes à Fuel et à La Baraque.

Au-delà de la prouesse industrielle et technique que constituent ces deux réalisations, elles symbolisent à elles seules, notre capacité à surmonter la fin du Protocole Sucre et à nous rapprocher de nos marchés d’exportation en nous affranchissant des raffineurs européens.

Avec ces réalisations et le choix d’un partenaire commercial stratégique sur la scène européenne, Südzuker, un nouveau départ a été pris.  Un nouveau départ qui va non seulement nous rapprocher considérablement des consommateurs européens en leur offrant un produit fini prêt à consommer, mais également nous permettre de récolter pleinement les bénéfices d’un produit à plus forte valeur ajoutée, ce qui n’aurait été bien sûr pas le cas si nous avions continué à produire du sucre roux.

Au final, une lecture judicieuse des événements prévisibles autour de la fin annoncée du Protocole Sucre, une conjugaison de nos efforts au niveau politique, technique et industriel, un programme de réforme de l’industrie comme jamais imaginé auparavant, et une gestion rigoureuse de notre politique générale autour des mesures d’accompagnement et des appuis budgétaires, nous permettent aujourd’hui d’envisager l’avenir avec une plus grande sérénité.  J’utilise volontairement le terme sérénité aujourd’hui car perdre 36% de son chiffre d’affaires en quatre ans, encaisser au même moment le boom pétrolier de 2007/2008 avec la flambée des prix qui s’en est suivie au niveau des intrants agricoles, initier un plan d’investissement de plus de 20 milliards de roupies sur huit ans, et surtout maintenir en activité nos 22 000 planteurs et producteurs, ont été autant de défis que nous avons eu à relever et de moments périlleux à gérer – une situation unique dans notre histoire qui a nécessité une réponse claire et sans équivoque face à la crise de la part de tous, autorités, institutions, et producteurs sucriers confondus.

Nous poursuivons donc notre route malgré les turbulences, toujours résolument tournés vers l’avenir et l’exportation, apportant notre contribution à l’économie nationale, autant en termes de recettes qu’en termes de devises étrangères, en matière d’investissements industriels et agricoles, et plus largement en matière économique et social en nous adaptant aux nouvelles conditions du marché.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs

On peut dire aujourd’hui que la réforme tant attendue de notre industrie sucrière, transformée en industrie de la canne, se matérialise enfin sous nos yeux.  Nous vivons en ce moment une période exaltante que l’on peut comparer à cette période tout aussi exaltante que fut l’année 1974 où l’île Maurice signa son adhésion au Protocole Sucre.  Avec les premières exportations de sucre blanc vers l’Europe prévues au mois d’août de cette année, il s’agit d’un tournant historique pour notre pays.  Comme en 1974, Maurice fera un pas de géant dans quelques mois, et jouera désormais sur un autre tableau, celui des exportateurs de sucre raffiné, un statut que tous les pays ACP membres du Protocole Sucre nous envient, tous sans exception, car nous serons les premiers à s’être équipés de raffineries et à exporter notre sucre blanc dans le cadre de la réforme.

Pour autant, la transition que nous amorçons cette année n’est pas sans risque.  En effet, entre le moment où le prix du sucre roux sur le marché Européen va passer de 448 à 335 euros la tonne en octobre prochain, et celui où Maurice débutera sa production de sucre raffiné, il va nous falloir optimiser le mix de nos exportations afin d’en tirer le meilleur revenu pour l’ensemble de l’industrie et surtout éviter de se retrouver avec des cargaisons vendues à 335 euros la tonne.  En effet, il apparaît chaque jour un peu plus que de vouloir rester dans le roux aurait été une décision suicidaire.  Avec les investissements consentis dans les deux nouvelles raffineries, soit plus de 2 milliards de roupies, le prix du sucre aux producteurs sera augmenté de Rs 1 500 par tonne – il n’est pas difficile d’imaginer l’impact d’un tel ballon d’oxygène face à une baisse de prix de 36%.

Mais déjà un autre risque se fait sentir; je veux parler ici de la baisse de superficie sous canne.  Depuis l’annonce effective en 2004 d’une baisse éventuelle de 36%, voire de 39% à 42% du prix garanti, nous avons perdu près de 8 000 hectares de superficies sous cannes.  Permettez moi de lancer à ce propos un appel à l’ensemble des planteurs et producteurs de notre pays: n’abandonnez pas vos champs, la réforme est en marche et les perspectives d’un avenir meilleur bien réelles, et ce malgré deux années encore difficiles devant nous.  Aujourd’hui notre projet de réforme a largement dépassé le cadre des intentions et des discours de ralliement.  La réforme est bien réelle; les investissements ont été faits, les raffineries en passe d’être opérationnelles, et le programme de regroupement des planteurs et d’épierrage est bien enclenché.  Les hausses brutales du prix du diesel et des fertilisants en 2007 et 2008 se sont maintenant atténuées.  Qui plus est, le prix final du sucre pour la campagne 2008 sera supérieur à Rs 17 400, un niveau finalement pas trop éloigné des prix obtenus en 2005 et 2006.

 

Ce serait en effet un cruel paradoxe si demain la reforme devait être menacée non pas par l'absence de réalisations ou de résultats, mais une réduction trop importante des surfaces cultivées en cannes.  N'oublions donc surtout pas que notre capacité à rebondir réside aussi dans la préservation de nos surfaces agricoles plantées en cannes.  Bien que les nuages accumulés au dessus de nos têtes commencent à se dissiper, ces quelques exemples nous montrent que nous devons rester prudents et vigilants.

 

Bientôt, grâce à notre sucre raffiné, nous allons obtenir un prix plancher de 404 euros la tonne à partir du mois d’octobre (contre 335 euros si nous étions restés au sucre roux).  Nous allons devoir également optimiser nos exportations d’avant septembre afin de bénéficier en partie de l’ancien prix plus avantageux.  Il est également important que nous puissions par la suite obtenir des primes sur les segments de marché plus rémunérateurs à l’intérieur même du marché global de la Communauté, une possibilité restée hors de notre portée jusqu’à présent.

 

Nous devons aussi rester très vigilants dans notre appréciation des modalités de mise en oeuvre des nouveaux arrangements sucre à l’intérieur des Accords de Partenariat Economiques (les APE) et nous assurer de plus que le système proposé des licences d’importation du sucre et de suivi des prix du marché européen ne viennent pas compromettre notre accès au marché ou encore les prix proposés par nos acheteurs. 

Je le répète, la réforme sucrière est déjà bien engagée, mais ne saurait être complète sans la réforme du Cess.  M. le Ministre, l’ensemble du secteur est toujours dans l’attente d’un développement positif au niveau de la réforme des institutions financées par le Cess.  Il est vrai que la récente mesure annoncée dans le discours du Budget vient marginalement soulager les petits planteurs cette année puis l’année prochaine.  Toujours est-il que si rien n’est fait cette année pour réduire le Cess, celui-ci amputera le revenu des producteurs de plus de Rs 1 400 à la tonne de sucre produit, un chiffre qui représentera près de 10% du prix prévisionnel de la tonne de sucre en 2009, un niveau jamais atteint jusqu’ici. 

Nous vous faisons donc un appel Monsieur le ministre afin que le gouvernement et vous-même interveniez de toute urgence pour enclencher au plus vite la réforme du Cess.  Le Cess tel qu’il est aujourd’hui réduit de manière considérable nos efforts en vue de maintenir un prix satisfaisant aux producteurs malgré la baisse finale de 36% cette année.  La Chambre a eu l’occasion de soumettre à votre ministère un certain nombre de propositions susceptibles de lancer la réforme du Cess et nous restons à votre disposition pour soutenir toute démarche dans ce sens.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais à présent vous rappeler brièvement les nouveaux enjeux pour notre sucre exporté vers la Communauté Européenne.  A partir du 1er octobre, il n’y aura plus de garantie d’accès pour le sucre mauricien; en d’autres termes, il n’y aura plus de quotas individuels, lesquels seront remplacés par des quotas régionaux.  Quant au prix, il n’est garanti que jusqu’au 1er octobre 2012; au-delà, il n’y a aucun acquis si ce n’est un système de surveillance des prix.  Enfin, en 2015, la fin de l'actuel régime sucrier européen amènera un marché plus libre en Europe et personne ne peut dire aujourd’hui quelles seront les caractéristiques du futur régime sucrier de l'Union Européenne.  Comme vous pouvez le constater, rien n’est garanti au-delà d'une certaine date.

C’est dans ce contexte que l’Accord de Partenariat Economique (APE) qui continue par ailleurs de faire l’objet de négociations dans le cadre de la configuration ESA (Eastern and Southern Africa) avec l’Union Européenne, vient en quelque sorte encadrer le nouvel environnement sucre pour Maurice.  Comme vous le savez, Maurice a déjà paraphé un Accord Intérimaire en décembre 2007 et vise à compléter son APE dès cette année.  L’Accord Intérimaire avait également donné accès à une quantité supplémentaire de sucre, soit 75 000 tonnes pour l’année 2008/2009 à l’ensemble des pays du bloc ESA ayant signé le même accord.  Les modalités de répartition de ces 75 000 tonnes supplémentaires ont été déterminées au niveau régional.  De même, les modalités de mise en œuvre de la double clause de sauvegarde européenne, ç’est à dire, un plafond de 3,5 millions de tonnes pour l’ensemble des pays ACP et une limite maximale allant jusqu’à 1,6 millions de tonnes de sucre pour les ACP non PMA, dont Maurice, ont été agréées au niveau tout-ACP comme au niveau du bloc ESA.

La défense de nos quantités minimales d’accès à partir des acquis du Protocole Sucre devra être maintenue.  Au niveau régional, une coordination de nos positions au niveau des pays producteurs de sucre, soit le Zimbabwe, la Zambie, le Malawi, Madagascar et Maurice, tous signataires déclarés de l’APE, a permis une répartition ouverte et satisfaisante des quotas régionaux, répartition qui intègre le principe qu’aucun pays ne devrait être lésé dans ses acquis antérieurs.  Nous poursuivons d'ailleurs notre volonté de travailler ensemble avec la création imminente d’une nouvelle association industrielle des pays exportateurs de sucre de la région.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Dans le sillage de la crise alimentaire qui a touché de nombreux pays à travers la planète l'année dernière, nous avons aussi revu en profondeur notre stratégie de production alimentaire à Maurice et accompli d’énormes progrès en matière de politiques de développement et de soutien à la production alimentaire dans l'île.  Conscient de nos limites et de notre hyper-dépendance des importations de denrées alimentaires, le gouvernement a créé un fonds d’un milliard de roupies au titre de la sécurité alimentaire et adopté une série de mesures destinées à relancer massivement la production alimentaire dans l'île en privilégiant le regroupement des producteurs, une agriculture moderne et efficiente et la recherche d'une plus forte valeur ajoutée. Ces mesures ont créé un nouvel environnement propice à l’accroissement des investissements dans le secteur agricole et à la réduction de notre dépendance alimentaire.  Depuis l’année 2007, il est bon de le rappeler, nos recettes d’exportation de sucre sont inférieures à la facture que nous payons pour l'importation de nos denrées alimentaires. 

A travers ce cortège de mesures, une nouvelle dynamique est en train de se mettre en place, favorisant l'émergence de nouveaux agriculteurs et de nouveaux producteurs soucieux de mieux produire et surtout de mieux vendre.  La sécurité alimentaire ne se décline pas seulement en termes de volumes produits mais aussi en termes de qualité de production.

Le manque de moyens modernes et appropriés pour valoriser cette production et la rendre économiquement viable pour le planteur comme pour celui qui la commercialise a souvent fait défaut.  C'est pourquoi la mise en place d’infrastructures post-récolte tels que le tri, le lavage, le stockage en chambres froides et le conditionnement des produits seront autant de facilités permettant d’optimiser la valeur du produit récolté tout au long de la chaîne.  De même, un meilleur système d’informations sur le marché et sur les prix permettrait aux planteurs de mieux agencer leurs programmes de production afin d’éviter les risques de surproduction et les effondrements de prix qui en découlent généralement.

La Chambre d’Agriculture accueille positivement ces nouvelles mesures de relance de la production alimentaire et assure la mobilisation de ses membres autour de ces nouveaux projets.  La Chambre a de plus participé de manière significative à la mise en place des différentes stratégies évoquées à l'instant, et continuera à apporter sa contribution à la construction de cette agriculture moderne indispensable à l'amélioration de notre sécurité alimentaire.  Ainsi, les établissements sucriers incluant CopeSud, vont produire davantage de pommes de terre tout en mécanisant cette culture, et prévoient d’ici trois ans, d'atteindre ensemble une production totale de près de 15 000 tonnes. A ce titre, la libéralisation de l'importation des semences de pommes de terre va permettre dès cette année, une augmentation sensible de la production.  Médine par ailleurs poursuit sa spécialisation dans la production de légumes frais tout en s’assurant de l’équilibre des prix et des quantités, pour ne citer que ces deux exemples.  Nous poursuivons d'autre part au niveau de la Chambre, l’étude des potentialités qui existent au niveau des regroupements de ressources, et au niveau de la production comme de la transformation de certains produits agricoles spécifiques.

Monsieur le Ministre, nous avons également noté lors de la présentation du Budget 2009 par le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, la mise en œuvre d’une nouvelle série de mesures incitatives pour encourager les planteurs à se lancer davantage dans la production alimentaire.  Parallèlement, les établissements sucriers continuent de louer chaque année des terres à cannes aux petits planteurs pour la culture de la pomme de terre et d’autres légumes.  Les 1 000 arpents que les membres de la MSPA cèderont au gouvernement pour la diversification agricole permettront aux groupements de petits producteurs de contribuer pleinement à la production nationale de légumes et de cultures vivrières en général.  A ce titre, la Chambre continuera à encourager le regroupement des petites exploitations agricoles et la recherche d’économies d’échelle, surtout au niveau des opérations post-récolte, là où la valeur ajoutée et le prix se construisent. 

L'actualité ayant encore récemment mis le doigt sur les carences de nos infrastructures de bazar, poursuivons nos efforts pour la création d’un marché national de gros, transparent et efficient, et envers l'amélioration de la qualité des produits offerts aux consommateurs.  De même, les efforts de promotion du secteur laitier et de l’élevage portent déjà leurs premiers fruits et il est devenu évident que pour avancer encore plus vite, nos services vétérinaires ont besoin d’un appui supplémentaire significatif, notamment dans leurs ressources financières et humaines.  La sécurité alimentaire au-delà des quantités produites, signifie également sécurité des aliments - et il nous reste beaucoup à faire dans ce domaine.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs,

Au cours de l’année qui s’achève, la Chambre d’Agriculture, de concert avec d’autres institutions du secteur privé, a été invitée à participer aux travaux de nombreux comités mis sur pied par le gouvernement pour traiter de questions internationales de première importance pour notre pays.  Je vais brièvement rappeler quelques uns des dossiers sur lesquels nous avons travaillé.

D’abord l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et la tenue de la réunion mini-ministérielle de juillet 2008.  Le principe général de fonctionnement de ces négociations fait que les progrès accomplis sur les différents points à l’agenda ne peuvent être retenus en l’absence d’un accord complet sur tous les points de ce même agenda.  Ainsi, rien n’est encore acquis pour nous, même si certains progrès évidents ont pu être notés avant la suspension de la réunion.  Ils concernent la protection des préférences de longue date, l’ouverture limitée aux exportations de pays tiers en Europe post-régime sucre, et l’allongement de la période de baisses tarifaires couplé à une période de grâce plus longue avant leur mise en œuvre. Ces éléments sont essentiels dans le cadre de notre politique commerciale et nous sommes heureux de constater que Maurice par l’intermédiaire du Ministre des Affaires Etrangères, a effectivement demandé au directeur général de l’OMC de mettre en œuvre une stratégie de sauvegarde de ces progrès accomplis.

Comme vous avez pu le constater plus tôt avec les APE, le centre de gravité concernant le sucre n'est plus exclusivement européen, mais aussi régional.  A ce titre, la Chambre d’Agriculture a toujours pensé que le potentiel économique et commercial de la région devait être davantage exploité, et elle note avec satisfaction la mise en place de la zone de libre échange de la SADC en août 2008 et le lancement de l’union douanière de la COMESA au début de ce mois.  La Chambre est convaincue que Maurice de par son appartenance à ces deux blocs, bénéficiera d’un accès amélioré à ces marchés.

Cela me donne également l’occasion ici de mentionner la contribution conjointe du Joint Economic Council (JEC) et de la Chambre à l’élaboration de la feuille de route pour la mise en place de la Regional Food Company.  Il est important de poursuivre cette démarche innovante et nous continuerons à mobiliser nos énergies afin de faire aboutir ce projet.

Les autres initiatives du gouvernement dans le domaine des échanges commerciaux ont aussi été favorablement accueillies par la Chambre et ses membres. Ainsi, les discussions dans le cadre du Trade and Investment Framework Agreement (TIFA) avec les Etats-Unis, restent un dossier important pour notre secteur.  La finalisation du Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA) avec l’Inde demeure également l'une de nos priorités avec la possibilité d'un nouvel accès pour le sucre et le rhum mauricien.  Plus récemment, l’initiation de discussions avec la Turquie augure de nouvelles perspectives pour l’agriculture mauricienne.

Je me dois de saluer ici le travail important accompli par le gouvernement, au niveau des ministères compétents et des agences spécialisées, et par nos confrères du secteur privé, qui ensemble continuent à veiller aux intérêts économiques et commerciaux de Maurice sur l’échiquier international. 

*****

Voilà, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, l’essentiel du message que nous voulions vous transmettre aujourd’hui.

 

J’aimerais à ce titre rappeler en conclusion ce qui me semble être le fait saillant cette année : « le secteur agricole a pris un nouveau départ » et ce aussi bien dans l’industrie cannière que dans la production alimentaire.  En effet, rarement dans le passé ce secteur n’a fait l’objet d’autant d’attention, de mesures incitatives et d’investissements pour assurer sa survie et son redéploiement sur des bases nouvelles.  Des bases nouvelles qui vont assurer sa pérennité.  L’agriculture mauricienne se modernise, se réinvente sous nos yeux, se remet en cause, et c’est en ce sens que les deux crises que nous avons connues, la réforme du régime sucrier européen et la crise alimentaire, ont eu paradoxalement un effet salutaire.  Nous avons eu le courage de nous réformer en profondeur, ayons à présent l’ambition de rayonner à nouveau à travers nos activités agricoles.

La réforme du secteur sucrier est devenue une réalité, l'agriculture nouvelle est en marche, continuons à lui donner les moyens de s’épanouir.

Avant de terminer, je voudrais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour vous remercier personnellement, Monsieur le Ministre, ainsi que l'Acting Permanent Secretary de votre ministère, Monsieur Gondeea, pour tout le soutien accordé à la Chambre d’Agriculture durant l’année écoulée. 

Nos remerciements vont également à l’ensemble de vos collaborateurs, à la Mauritius Sugar Authority, ainsi qu’à vos collègues du Ministère des Finances et du Ministère des Affaires Etrangères et du Commerce International.

Je tiens également à remercier mes collègues du Bureau pour leur soutien et leur collaboration constante tout au long de mon mandat, mais aussi nos différents membres qui ont contribué aux divers comités de la Chambre ou qui l’ont représentée auprès d'autres institutions au cours de cette année.

Mes remerciements vont aussi aux organisations et institutions qui ont aidé et soutenu la Chambre durant mon mandat et aux médias qui nous ont accordé leur généreuse collaboration.

Je voudrais également exprimer mon appréciation au personnel des Bureaux de Londres et de Bruxelles pour leur collaboration durant l’année, et pour avoir contribué à défendre les intérêts de notre pays sur la scène internationale.

Enfin, à tout le personnel de la Chambre et à notre Secrétaire Général, M Jocelyn Kwok, j’adresse mes plus vifs remerciements pour leur dévouement et leur travail soutenu tout au long de cette année 2009. 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

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25 juin 2009